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Pas de vin sans levures !

31 octobre 2008 par Sophie Surrullo · Lire les 3 commentaires 

LevuresLe vin est le produit de la fermentation alcoolique du jus de raisin ou des raisins frais. A partir de cette définition, on sait depuis Gay Lussac, mais surtout depuis les travaux de Pasteur sur les vins du Jura, que ce sont les levures qui réalisent cette fermentation alcoolique en transformant le sucre en alcool, avec un dégagement de gaz carbonique. Depuis, les biologistes et les botanistes, (puisque les levures sont considérées comme des champignons), ont identifié, observé, classé les différentes levures du règne végétal, pour réussir à les dompter et à en exploiter toutes leurs qualités. Si bien qu’aujourd’hui les vinificateurs disposent d’une très large gamme de levures lyophilisées, sélectionnées pour leurs aptitudes tout d’abord à réaliser la fermentation alcoolique, mais aussi à révéler les arômes et les goûts, qui font la richesse des grands vins. Il existe en effet une multitude de souches de levures différentes, dans le vin, mais si certaines sont indispensables, d’autres peuvent être nuisibles et provoquer des déviations irrémédiables. Sortons donc nos microscopes, pour zoomer sur ces petites cellules vivantes sans qui, rien ne serait possible.

Amies ?

L’histoire de la classification des levures, et de ses remises en question permanentes, au fil des évolutions technologiques, pourrait alimenter à elle seule, des ouvrages entiers. A tel point que les techniciens, les œnologues, et à plus forte raison les vignerons, utilisent quotidiennement des noms d’espèces de levures, pour désigner leurs souches favorites, qui ont facilement un ou deux classements de retard ! Peu importe, l’essentiel est que nous puissions trouver dans les espèces couramment rencontrées dans les vins, celles qui correspondent le mieux à nos attentes.
Pour faire simple, il existe deux principales races de levure dans les vins, qui appartiennent toutes deux au genre des saccharomyces (parce qu’elles dégradent le saccharose). Saccharomyces Cerevisae est l’espèce la plus courante des fermentations des vins. Une multitude de souches ont ainsi été sélectionnées dans cette espèce particulièrement apte à effectuer la fermentation. Mais on trouve également des saccharomyces Bayanus, qui sont très appréciées pour leur résistance à l’alcool. Elles sont donc utilisées notamment pour effectuer la deuxième fermentation en bouteille des vins effervescents produits par la méthode traditionnelle.
Quoiqu’il en soit, les levures au cours de la fermentation, en fonction de leurs capacités intrinsèques, mais aussi des conditions particulières dans lesquelles elles évoluent, vont littéralement digérer le milieu, pour exprimer dans un grand bouillonnement, tout le potentiel des raisins et les transformer en vin. Ce sont elles qui vont en libérer les arômes, en renforcer les goûts, mais aussi contribuer par la dégradation de leurs enveloppes cellulaires à son gras et à sa stabilité. Quotidiennement les vinificateurs doivent donc surveiller la bonne santé des populations de levures dans leurs cuves, pour les placer dans de bonnes conditions afin d’en tirer le meilleur parti.

Ou ennemies ?

Cependant, il existe dans le vin d’autres souches de levures qui ont des aptitudes nettement moins profitables pour le vin. Parmi elles, le genre Brettanomyces est certainement celui qui a les répercussions les plus caractéristiques. En effet, lorsque ces levures se développent en trop grand nombre, ou trop longtemps dans un vin, celui-ci prend des arômes désagréables de gouache, ou de clou de girofle lorsqu’il s’agit d’un vin blanc, ou d’écurie, voire de sueur de cheval dans un vin rouge. Longtemps ignorée, cette déviation irrémédiable du nez du vin, était assimilé à un « goût de terroir » par certains dégustateurs. On sait désormais que c’est un vrai défaut des vins élevés dans de mauvaises conditions d’hygiène, notamment lors d’un séjour en barriques.

Les deux, mon général !

Enfin, il existe certaines régions qui exploitent des propriétés spécifiques de certaines levures, désignées sous les noms poétiques de « fleur » ou « levures de voile ». Les vins de Xéres, ou les vins jaunes du Jura mettent ainsi en avant les facultés de ces levures d’oxyder lentement le vin, qui prend alors un nez d’une grande complexité, et dont la structure en bouche s’arrondie et se densifie. C’est grâce à cet élevage si typique, que ces vins ont développé une identité et une réputation si fortes. Cependant, dans la plupart des autres régions viticoles, l’apparition de la fleur est considérée comme un défaut sur les vins, même si il faut qu’elle soit présente un long moment avant que les répercussions sur l’arôme soient sensibles. Les levures alors jugées nocives sont alors éliminées.

Une flore de levures sous haute surveillance

En fonction des vins, des situations, ou des régions, le vinificateur doit donc gérer toute une flore de levure pour élaborer son vin. Tantôt indispensable, ou totalement indésirable, la flore levurienne recèle une immense diversité, qu’il faut savoir maîtriser. La biologie est donc une des nombreuses disciplines, abordée par les vignerons, même si les levures fermentaient déjà avant que l’homme n’ait pu les voir, et comprendre leur action. Aujourd’hui la génétique dissèque l’ensemble de ces aptitudes naturelles à produire des vins aux arômes d’agrumes ou de banane, mais jusqu’où faut il aller dans la technologie pour profiter de ces phénomènes, sans omettre leurs caractères purement naturels ?

Renaud Sounalet

Economie : la mondialisation du vin

28 octobre 2008 par Stéphane Queralt · Commenter 

En 1990, seuls 18 % des vins traversaient une frontière. Aujourd’hui, c’est plus du tiers de la production mondiale. L’ouverture des frontières, et d’une certaine manière, la dérégulation du marché, ont facilité les échanges. Les moyens de transport se sont standardisés avec l’utilisation du Fret maritime qui a permis de désenclaver plusieurs régions du monde. La distance n’est presque plus un facteur limitant, même si l’élévation du prix du pétrole devrait poser des difficultés.

Le marché du vin, qui est marqué par une surproduction chronique, est particulièrement tendu. La mondialisation du secteur fait donc subir une concurrence de plein fouet aux différentes productions. À l’exception des productions les plus renommées,
la majeure partie des vins était encore il y a peu vendue seulement dans les régions limitrophes. Aujourd’hui, le consommateur trouve presque tout et tout de suite dans le rayon de son supermarché.
Le monde entier est à sa porte. Il n’est donc plus prêt à payer cher pour des vins de qualités inégales alors qu’il trouve souvent mieux pour le même prix dans le Nouveau Monde. Ceci est flagrant sur les marchés émergents.

Historiquement centrée sur l’Europe, la consommation du vin se développe , avec l’occidentalisation du monde et l’élévation du niveau de vie de nombreux pays. L’aire Pacifique est en plein essor en termes tant de productton que de consommation.
Les Etats-Unis sont déjà les premiers consommateurs de vins dans le monde, tandis que l’Asie fait figure de nouvel eldorado : proposer une offre simple est plus facile à mettre en place. C’est dire le bel avenir que les vins de cépage aux goûts séducteurs ont devant eux !

Produire le vin attendu par les consommateurs…

Les entreprises les plus puissantes se lancent dans le retro-marketing, pour produire exactement le vin que recherche tel ou tel type de consommateur.
Des panels sont analysés de façon à comprendre au mieux leurs attentes. Tout est alors fait, de la vigne à la vinification, pour satisfaire celles-ci. On passe d’une logique de l’offre, comme pour les vins de terroir, à une logique de la demande. Doit-on pour autant s’en réjouir ? L’avenir nous le dira !…

Vinification : le siècle de l’oenologue

27 octobre 2008 par Emmanuelle Garralon · Commenter 

Cette première partie de ce dossier consacré à l’œnologie en étudie plus particulièrement l’histoire. Vous y constaterez que non content d’encourager les renards à mordre les petits garçons, Pasteur a tout inventé, ou presque, de l’œnologie. Quand même, il avait la rage, ce type.

Nous voici au terme du siècle le plus mouvementé de l’histoire des vins. Remises en questions permanentes et diversifications de l’approche et de l’analyse scientifique ont dirigé chercheurs et viticulteurs à mettre en place des essais de toutes sortes à chacune des étapes viticoles et vinicoles. Les connaissances, limitées au seul fruit de l’expérience pendant des milliers d’années, seront, au vingtième siècle, fruit de l’expérimentation.

L’Oenologie dans son contexte socio-économique.

Si le terme “oenologie” était employé dès le début du siècle, la science qu’il désigne n’en était qu’au stade embryonnaire. Il faudra attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que les vinifications deviennent le royaume des véritables sciences œnologiques.
A l’échelle humaine, cinquante, soixante ou cent ans paraissent très long, à l’échelle d’une science le temps est déjà plus court. Par contre à l’échelle de l’histoire des vinifications, un demi-siècle ou même un siècle prend la dimension d’un flash. Comment est-on passé, si brutalement, d’une viticulture et d’une vinification passives, éternellement héritières des connaissances des générations précédentes, à la démarche avant-gardiste que prônent la science par définition et l’œnologie en particulier ?

Le lourd héritage du 19ème siècle.

La passion pour la gastronomie, le développement du fret, fluvial et surtout ferroviaire, la mise en bouteille, le souffre et la conservation des vins, à Bordeaux le classement de 1855, etc.… ont créé un engouement pour la viticulture. Les propriétés en place s’agrandissent et de nouveaux occupants s’installent. Petit à petit les vignobles perchés aux sommets des plateaux et coteaux descendent vers les plaines. Tous les vignobles connus sont, à la fin du siècle, au maximum de leur étendue (en France).

Les grands fléaux, comme s’ils s’étaient concertés, vont frapper successivement tous les vignobles. Le Phylloxéra, l’Oïdium, le Black-rot, le Mildiou : véritable “Attila”, ils ne laisseront derrière eux que des vignerons désemparés face à des océans de vignes détruites.

Le dix-neuvième siècle est aussi le siècle de la fraude. Elle sévissait depuis longtemps dans la nature peu orthodoxe des assemblages qui, pour répondre à une demande de marché, octroyait aux vins régionaux un fort pourcentage de vins plus corsés en provenance de régions plus ensoleillées. Les vins “médecins” les appelait-on : des vins de Canon-Fronsac dans les vins Saint-Emilion, des vins Espagnols ou Algériens dans les vins de Bordeaux, des vins de Châteauneuf-du-pape dans les vins de Bourgogne, etc, etc… Mais avec les crises dévastatrices des maladies cryptogamiques, la fraude s’est décuplée, ne concédant plus aucune légitimité à la notion de terroir.

Début 20ème : chaos et restructuration des vignobles.

La première moitié du vingtième siècle est marquée par des événements majeurs, laissant peu d’espace aux vignerons pour se redresser : première guerre mondiale, crise économique mondiale de 1929 répercutée en 1930 en Europe et deuxième guerre mondiale.
Si les propriétés réputées ont pu résister à de tels chaos, ce n’est pas le cas de l’ensemble des vignobles. A cette époque la viticulture est, pour l’ensemble d’une région viticole, de type viticulture familiale et souvent associée à d’autres cultures et élevages. La culture de la vigne est rarement un revenu principal, et avec de tels événements, elle n’était pas encouragée. Les propriétés sont alors très petites, quelques hectares tout au plus. Face à une situation économique friable, les propriétés sont en “stand by”, les investissements ne sont pas d’actualité et de toute façon pour faire quoi ?
C’est une viticulture sociale qui va se mettre en place. Les vignerons ne trouvent d’échappatoire que dans l’organisation de leur profession. Il s’agit de faire le ménage : faire reculer la fraude, et redonner un sens à l’identité des terroirs. Ainsi, dans toutes les régions viticoles vont naître les appellations contrôlées et leurs syndicats viticoles. Vont naître, également, les caves coopératives (celle de Saint-Emilion date de 1932), véritables organes de survie suite à la crise de 1930.
Les mentalités évoluent et les vignerons saisissent que c’est par la qualité et l’identité des terroirs qu’ils s’en sortiront . Leur seul outil, à l’époque, est la législation. C’est donc par ce biais qu’ils tâcheront de retrouver leur dignité.
Parallèlement à ces efforts et, notamment, depuis la crise de 1930, les petites propriétés, ne pouvant résister à l’ogre conjoncturel, vont changer de mains, agrandissant d’autres propriétés ayant encore quelques réserves ou espoirs.

Au lendemain de la 2ème guerre, naissance du corps scientifique œnologique.

Si, au lendemain de la première guerre, les temps de la reconstruction étaient moroses, au lendemain de la seconde guerre les esprits étaient, au contraire, positifs ; comme préparés à rentrer dans une nouvelle aire. Peut-être était-ce, déjà, le “just do it” américain qui faisait son entrée !

Toujours est-il que cette atmosphère conquérante s’est ressentie également dans les vignobles.
Si certains décident d’abandonner définitivement la viticulture, d’autres en profitent, et les propriétés s’agrandissent. On entame de lourds investissements. Les structures agraires prennent alors une nouvelle dimension : celle d’entreprises viti-vinicoles. Elles vont convaincre le corps scientifique, constitué de chimistes, pharmaciens, biologistes etc., qu’il faut approfondir ce domaine dont on ne sait rien ou peu de chose.

A partir de là, tout va aller très vite. Les progrès de la connaissance en laboratoire universitaire (Montpellier, Dijon, Bordeaux) posent les premières pierres des protocoles de vinifications. Les propriétés les appliquent. Leurs vins, mieux élaborés, plus stables, relancent la crédibilité des appellations et de fait, relancent l’économie. Comme le serpent se mordant la queue, l’économie florissante injecte des fonds à la science. Celle-ci crée des unités de recherches œnologiques et les premières stations voient le jour dans les différents vignobles.

De fil en aiguille, la science bouillonne, les vins mûrissent, l’économie croît et ce, jusqu’à aujourd’hui.

Un des meilleurs exemples de ce crescendo est peut-être celui de la formation des générations de viticulteurs qui se sont succédées au cours du temps.

Jusqu’aux années 50, l’art vigneron se transmettait ou s’apprenait “sur le tas”. Quand la relance a démarré et que les premiers tracteurs ont foulé les rangs de vignes, beaucoup se sont formés à la maîtrise de l’engin et à sa mécanique. Plus tard, c’est la viticulture et l’œnologie qui sont enseignées dans les lycées agricoles, les instituts techniques et dans les universités.
Dans les années 80, on commence à enseigner la gestion et l’économie viti-vinicole. Aujourd’hui, depuis les années 90, ce sont les écoles de commerce du vin qui fleurissent un peu partout. Signe que l’entreprise viticole est en grande forme.

L’Oenologie, une question de survie.

La naissance de l’oenologie peut être, finalement, accordée à une nécessité conjoncturelle. Superficiellement on perçoit des raisons techniques approchant la nécessité d’obtenir des vins de meilleures qualités, mais sous cette couche, ce sont des raisons culturelles, sociales et économiques convergeant toutes vers la notion de survie qui prévalent. Sociale, parce qu’on ne pouvait laisser des milliers de vignerons se noyer; culturelles, parce que le vin et la table ont toujours fait bon ménage et que les vignobles font partie du patrimoine; économique, parce que l’activité viti-vinicole, surtout en France, a une telle importance que son expansion a un effet boule de neige, mais son effondrement aussi.

C’est le cumul de toutes ces différentes raisons qui, en dessinant un état de crise généralisée dans la première moitié du vingtième siècle, crée le besoin d’emboîter le pas dans une démarche d’anticipation. “Prévoir” est devenu le maître mot du corps viti-vinicole.

Les Grands Pas de L’Oenologie.

C’est Lavoisier qui énonça les premiers principes fermentaires constatant que le sucre se transforme en alcool et gaz carbonique. Gay Lussac, plus tard, quantifiera cette transformation. Mais Pasteur, reprenant ses travaux, découvrira que seuls 90% des sucres sont transformés en alcool et gaz carbonique, les autres 10% produisent d’autres éléments tels que le glycérol et l’acide acétique.

Pasteur, père de l’Oenologie.

Pasteur est considéré comme le père de l’oenologie. Il étudia en 1854 les phénomènes fermentaires, de la bière du vinaigre et du vin, et mit au grand jour les acteurs de l’ombre : les bactéries et les levures. Encouragé par Napoléon qui voulait que son peuple vigneron puisse mieux maîtriser le devenir de ses raisins et vins, il publiera un ouvrage intitulé “ Etudes sur le vin, ses maladies, causes qui les provoquent, procédés nouveaux pour le conserver et pour le vieillir ”. Pasteur était le premier biochimiste du vin, le premier oenologue. Il ne vit pas les levures, mais les avait bien localisées. Ses études mirent en avant la présence de ferments.

Les travaux de Pasteur n’ont pas foncièrement changé la manière de faire du vin mais en ont établi un protocole car outre le rôle des levures dans les fermentations alcooliques, ils montrent que levures et bactéries sont présentes constamment dans le chai et qu’elles sont la cause des accidents de fermentations et de conservations.

Pasteur préconisera des conditions optimales de salubrité afin de préserver le vigneron des différents accidents possibles. L’eau bouillante et l’eau-de-vie seront à l’honneur dans l’entretien du chai et des différents mobiliers qu’il contient.

Ayant posé les jalons de l’œnologie, il ne restait aux scientifiques du vingtième siècle qu’à persévérer dans cette voie. Pour les raisons que nous avons vues précédemment, la science a été lente au cours de la première moitié du siècle, mais durant la seconde moitié, elle a été particulièrement dynamique.

Fabian Barnes - In Vino Veritas

Nous avons été enchantés de notre après-midi …

24 octobre 2008 par Emmanuelle Garralon · Commenter 

Bonsoir, nous avons été enchantés de notre après-midi trop courte hélas. Je ne savais pas que la vigne demandait autant de soins et de travail. La vigne est bichonnée comme on pouponne un enfant ou une personne malade. Je n’avais jamais mis les pieds dans ce genre de culture, cela est passionnant, très instructif. Prenez-vous des élèves de 3ème ? Car parfois cela pourrait éveiller leur envie de faire ce métier. C’était trop émouvant de voir comment lepropriétaire parlait de sa vigne, on sentait qu’il était passionné par ce qu’il fait. IL peiut être fier car il a réussi à me transmettre un peu de sa passion. Bon j’arrête là car je pourrais écrire toute la nuit tellement cela m’a plu et envouté. Nous avons fait goûté le vin rapporté, la famille l’a bien apprécié. Bonne soirée à tous et à l’assemblage.

MARIE CHRISTINE VIOUJAS ET MICHEL SABY
Web-vignerons au Château l’Enclos

« Le vin vous fait un cœur d’homme »

20 octobre 2008 par Sophie Surrullo · Commenter 

Le vin occupe une place souveraine dans la littérature de tous les temps. Quelques siècles avant Jésus Christ, Homère cite les crus renommés dans l’Antiquité grecque et donne des détails touchant à l’encavage, à la façon de boire.

Dans le De re rustica, Columelle, agronome latin né à Cadix au 1er siècle, décrit les pratiques viticoles encore souvent en vigueur aujourd’hui : labour, plantation, fumure, bouturage, greffage, provignage, taille, vinification, … Et grâce à des auteurs tels que le poète Hésiode, les historiens Hérodote et Xénophon, nous connaissons exactement la répartition des vignobles dans l’Antiquité.

De nombreux poètes ont fait l’apologie du vin, qui selon Homère, « vous fait un cœur d’homme », louant ses vertus : « L’ivresse, si elle est véritable, te fera fort ; si elle est feinte, elle peut t’être utile », écrit Ovide. « Tu réveilles un cœur abattu l’espérance et la force ; avec toi, le pauvre lève la tête et ne craint plus la colère des rois ni les épées », proclame Horace (1er siècle après JC). « Le fils divin de Sémélé, aux hommes le vin a donné, afin qu’ils puissent oublier », déclare Alcée (7ème siècle avant JC). En toute modération, cela va de soi !…

 

 

La Levure LSA et la levure indigène : une histoire fermentée

17 octobre 2008 par Stéphane Queralt · Commenter 

LevuresLe moût (jus de raisins) est spontanément Ie siège de la fermentation dès lors qu’il entre en contact avec les micro-organismes - notamment les levures de la pruine (dépôt blanchâtre sur la peau du raisin), présentes sur la pellicule de la baie (microflore indigène).

Le levurage consiste à introduire dans la vendange encuvée une population massive (plusieurs millions de cellules/ml de moût) d’une levure sélectionnée pour ses caractéristiques métaboliques d’intérêt oenologique : résistance à l’alcool et au S02 (sulfites, malgré son action antiseptique), capacité à fermenter sur un large intervalle de températures, production de composés aromatiques (alcools supérieurs et aldehydes). Elle est inoculée sous forme de levures sèches actives (LSA). Ses utilisateurs apprécient, d’une part, sa capacité à assurer la complétude de Ia fermentation des sucres présents et, d’autre part, la pression écologique qu’elle impose dans Ie milieu : sa population freine Ie développement d’agents microbiens, responsables de mauvais goûts. Ses détracteurs cependant, partisans de la fermentation spontanée, lui reprochent la standardisation des goûts, notamment celle des arômes des vins. La pratique du levurage s’oppose donc à la fermentation spontanée réalisée par les levures présentes sur la pruine et au chai, dont les caractéristiques métaboliques participent aux singularités gustatives du vin (typlcite).

Si cependant la population levurienne initiale est faible, sa capacité de fermentation ne couvre pas la quantité totale des sucres présents. Les levures peuvent cesser de fermenter, alors qu’il reste encore des sucres dans Ie vin (arrêt de fermentation).

Températures et fermentation

Les levures oenologiques sont capables de fermenter entre 8 et 36 °C. Sur cette fourchette de températures, les fermentations sont plus ou moins rapides et plus ou moins totales. En conditions oenologiques (milieu acide, présence de S02 et production d’alcool), les levures sont inhibées en-deçà de 8 °C : elles sont toujours vivantes, mais ne fermentent plus. Une augmentation de la température permet de les réactiver. Au-delà de 36 °C, elles sont détruites. La température participe à l’élaboration des différents types de composés aromatiques synthétisés par la levure, et influence la préservation des arômes du raisin. C’est ainsi que, pour les vins blancs, la température est maintenue entre 12 et 22 °C, alors que pour les rouges, elle peut atteindre 32° C.

Les premières étapes de la vinification

16 octobre 2008 par Stéphane Queralt · Commenter 

Le travail mécanique du chapeau de marc.

Lors de la fermentation en rouge, le marc remonte dans la cuve sous l’effet du dégagement de gaz, formant ainsi le « chapeau de marc» de structure très compacte. Certains composés présents dans ce chapeau étant nécessaires à la vinification, des méthodes dites ” d’extraction” sont utilisées pour faire traverser le chapeau de marc par le moût :

Le remontage: le moût aéré est renvoyé sur le chapeau de marc.

Le délestage : l’intégralité du moût est pompée et transvasée dans une autre cuve. Chapeau de marc et moût restent ainsi dans 2 cuves différentes pendant 2 ou 3 heures. Le chapeau de marc se tasse et s’écrase sous son propre poids au fond de la cuve, libérant un moût concentré en sucres et polyphénols. Le moût est ensuite réincorporé par pompage dans la cuve initiale, avec un fort débit au-dessus du chapeau de marc, qu’il casse et noie. Ainsi lessivé, le marc enrichit le moût en polyphénols et sucres.

Le pigeage : le chapeau de marc est immergé dans le moût en fermentation à l’aide d’une surface plane en bois ou en inox surmontée d’une tige, de même matériau. Cette opération peut être manuelle ou mécanique (turbo pigeur et robot pigeur), en fonction de la taIlle de la cuve et des équipements.

Quel vin pour accompagner le gibier ?

9 octobre 2008 par Emmanuelle Garralon · Commenter 

La saison des vendanges c’est aussi celle du gibier. Et si on parle de gibier, on pense inévitablement au vin pour l’accompagner car ce sera sans doute un repas de fête. Et il n’y a pas que les vins charnus qui se marient bien au gibier ….
Professeur, auteur de nombreux ouvrages sur le vin et collaborateur de L’Hôtellerie Restauration, Paul Brunet nous donne quelques réponse dans un article de la revue éponyme :

Quels vins pour accompagner le gibier ?
L’accord gibier-vin n’est pas le plus facile à réaliser. En effet, cet accord dépend de nombreux paramètres : gibier sauvage ou gibier d’élevage ? Le goût et la texture sont souvent différents. S’agit-il d’un gibier à plumes ou d’un gibier à poils ? S’agit-il d’un petit gibier (grives, cailles…), d’un gibier d’eau (sarcelles, canards sauvages…) ou d’un gros gibier (chevreuil, marcassin…) ? Comme pour tout accord mets-vin, recherche-t-on un accord de complémentarité ou un accord d’opposition ? L’accord va également être différent selon la préparation et la garniture : rôti au four ou en sauce ? Autre élément à prendre en compte : le budget disponible.
Voici quelques suggestions, qui prennent en compte différents critères : budget, originalité, ouverture sur les vins du monde.

• Gibier à plumes (cailles, perdreaux, perdrix, faisans…)

Généralement, ils sont accompagnés de vins rouges charpentés, souples et délicats en réservant les plus charpentés aux faisans et en évitant les vins trop tanniques sur les cailles et les perdrix. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, sur certaines préparations, il est possible de servir un vin blanc. Exemple : un grand Tokay-Pinot gris sur un lièvre braisé au foie gras, un meursault premier cru sur une perdrix aux choux. Mémorable !
Budget limité : Côtes du roussillon-villages, crus du Beaujolais (moulin-à-vent, côte de brouilly), côte de beaune-villages, corbières, côtes de castillon, côtes du lubéron… Mais aussi certains vins de pays, par exemple : vins de pays de la principauté d’Orange (Grenache et Carignan), vin de pays de l’Aude ou de l’Hérault (Merlot ou cabernet sauvignon).
Budget confortable : Crus classés de margaux ou de saint-émilion, beaune, Volnay, chambolle-musigny, coteaux champenois rouge.
Proposition originale : Collioure rouge (Pyrénées-Orientales) tursan rouge (Landes), coteaux du languedoc, costières de nîmes, Tokay-Pinot gris d’Alsace grand cru.
Vins du monde : Opus One (USA)* Tignanello* Dôle (Suisse) Zinfandel du Mexique, Shiraz d’Australie, Gamza (Bulgarie), Beni M’tir rouge (Maroc), Château Musar (Liban).

• Gibier à poils (marcassins, lièvres, chevreuils…)
Il faut choisir des vins rouges corsés, plus charpentés que pour les gibiers à plumes, en réservant les plus riches en tanin pour les préparations en sauce, comme les civets. En revanche, sur un râble de lièvre rôti, ou un filet de biche, il faut éviter les vins trop puissants.
Budget limité : Vacquerays, cornas, gigondas, corbières, côtes de saint-mont, saint-chinian, Côtes de Nuits-Villages, bordeaux supérieur vieilli en fûts, Vins de Pays du Pays d’Oc (Syrah), Vin de Pays Portes de Méditerranée (à base de Mourvèdre).
Budget confortable : Pommard 1er cru, corton, côte rôtie, hermitage, châteauneuf-du-pape, crus de pomerol, crus classés de saint-émilion, hermitage, cru de bandol.
Proposition originale : Vieux banyuls, collioure, fitou, patrimonio (Corse), madiran, pécharmant, chinon (de coteaux) ou bourgueil (produit sur le tuffeau).
Vins du monde : Vega Sicilia* (Espagne), Grange* (Australie, région d’Adélaïde), Dao (Portugal), Naoussa (Grèce), Brunello di Montalcino (Italie), Negru de Purkar (Moldavie).

Bon appétit !

Salon des vignerons indépendants - Automne 2008

9 octobre 2008 par Emmanuelle Garralon · Commenter 

Les salons des vins des Vignerons Indépendants fleurissent comme tous les ans dans les grandes villes de France. C’est une occasion particulière pour venir rencontrer les vignerons eux-mêmes (c’est la charte de ces salons) qui chacun avec leurs mots vous racontera son histoire, son vin, son métier.

L’occasion d’une belle promenade à travers la France viticole aux accents aussi divers que les hommes sont différents et les vins variés.

Retenez les prochaines dates :

Lyon – Halle Tony Garnier
Du 30 octobre au 03 novembre 2008

Reims Parc des Expos
Du 07 au 10 novembre 2008-10-09

Lille – Grand Palais
Du 14 au 17 novembre

Paris – Porte de Versailles
Du 27 novembre au 1er décembre 2008

Les web-vignerons du Château de Chamilly à la TV !

9 octobre 2008 par Stéphane Queralt · Commenter 

Le week-end dernier, une équipe de France 3 Bourgogne est venue tourner un reportage sur les vendanges des web-vignerons de Mes Vignes au Château de Chamilly.
Bonne humeur et convivialité ont accompagné toute la journée.

Merci à tous les web-vignerons qui se sont prêtés au jeu de la caméra et à la famille Desfontaine pour cette belle journée.
Pour découvrir le reportage : Reportage de France 3 Bourgogne sur les Vendanges au Château de Chamilly

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