A consommer avec intelligence…
19 mars 2009 par Sophie Surrullo
A la fin de l’année dernière, nous vous avions fait part de notre inquiétude concernant un article du projet de la loi « hôpital, patient, santé, territoire » qui, en visant à interdire les « open bars », menaçait l’ensemble des dégustations au caveau, foires au vin, et même, tout ou partie de l’aventure Mes Vignes.
Suite à la mobilisation générale de toute la filière, l’article du projet de loi a finalement été amendé dans la nuit du 6 mars dernier. La veille déjà, madame Bachelot avait tenu des propos rassurants dans lesquels elle affirmait que le vin n’était pas la cible de la loi, et qu’elle reconnaissait le caractère culturel et traditionnel des circuits de distribution basés sur la dégustation vente. Ainsi le vin est exclu du champ d’application de la loi… et les viticulteurs poussent un grand « ouf » de soulagement. Si certaines associations crient au lobbying contre la filière vin, il faut bien admettre que les élus des régions viticoles ont pesé de tout leur poids dans la balance, conscients des difficultés que pouvaient engendrer de telles mesures pour la profession.
Quoiqu’il en soit il était difficile de faire croire que le problème de santé publique que représente l’alcoolisation massive et inquiétante, et de plus en plus précoce des jeunes, soit liée à la consommation de vin, alors que celle-ci ne cesse de diminuer chez ce même public. Peut-être serait-il plus opportun de s’interroger sur les véritables moyens de lutter face au modèle de « cuite express » tout droit venu de la civilisation à l’anglo-saxonne, qui est en cours d’universalisation, partout à travers le monde.
Comment commercialiser le vin français privés de certains médias ?
Le« french paradox » veut que l’on défende des valeurs culturelles et traditionnelles à travers la gastronomie, en étant si fiers de notre savoir-vivre reconnu mondialement, alors qu’on ne cesse de tenter de le mettre à mal dans une législation toujours plus contraignante pour les producteurs. Ainsi, alors que la loi Evin est une des lois les plus restrictives concernant la publicité sur le tabac et l’alcool, un volet de la loi « Hôpital, patient, santé, territoire » prévoyait également d’interdire la publicité de l’alcool sur internet. Ce média par nature international et sur lequel la concurrence avec les nouveaux pays producteurs fait rage aurait également pu être interdit aux producteurs français. Là encore, on pourra toujours accuser la filière de lobbying, mais il faut bien reconnaître que sans la communication et la publicité, la lutte pour s’installer sur les nouveaux marchés à l’exportation aurait été bien trop inégale.
J’ai fait un rêve…
Et si nous commencions par montrer à nos enfants que le vin est avant tout un produit alimentaire, dont on peut apprécier les qualités et exploiter les bienfaits, tout en se préservant des dangers, au même titre que les matières grasses, le sucre, ou les féculents… Et si nous nous inspirions de certaines recettes qui font la réussite de nos concurrents à l’international, pour communiquer autour de notre modèle de société, faire de la résistance face à une certaine standardisation des codes culturels, en luttant à armes égales. Le modèle français, il faut bien l’admettre un temps ringardisé, retrouverait peut être alors une belle place au soleil…

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