Paroles de Jean Clavel : Comment promouvoir la spécificité de nos vins, du terroir, de la qualité ?
14 avril 2010 par Redaction
Le marché européen et mondial des vins est mouvant. Les vignerons français ne savent plus quelle voie choisir. Doivent-ils faire confiance à l’INOQ (ex INAO) qui propose une segmentation nouvelle, mais qui reprend des formules anciennes dans l’attente de mesures plus courageuses.
Il est de plus en plus difficile de définir des produits, des présentations, des contenants uniques qui seraient destinés aux marchés français, européen, américain , asiatique a moins d’avoir une notoriété très forte, transnationale, ce qui est rare.
Ces choix sont encore plus complexes en fonction des règlements européens qui ont profondément changé depuis quelques années. AOP, IGP , vins sans IG, qui peuvent porter le millésime et le nom du cépage, sans les contraintes de l’appellation ou de la dénomination ?.
Faut-il jouer la carte du cépage, voire du bicépage, sans indication géographique, où avec indication géographique IGP qui a remplacé la mention Vin de Pays, est ce que la catégorie AOP qui n’a pas su répondre aux préoccupations de R. Renou, va pouvoir affronter victorieusement la concurrence internationale de plus en plus vigoureuse ? Quel conditionnement, bouteille classique 75 cl. Lourde où légère? 50 cl. ? 25 cl type aviation ? BIB 3 litres. ? 5 litres.? 10 litres. ?
René Renou avait proposé, avant sa disparition, de classer en AOC « excellence » une partie des vins d’appellation, ceux qui bénéficient d’une notoriété et d’un positionnement prix d’un niveau certain, et de placer les AO régionales, dont les prix de vente consommateurs se trouvent souvent très proches des vins de pays, dans une catégorie particulière qui aurait pu être les IGP . Malheureusement, cette orientation a été abandonnée après la disparition subite, en mission à l’étranger du président Renou.
L’influence des productions viticoles de l’hémisphère sud a été très importante sur certains marché en progression comme la Grand Bretagne, Les vins australiens type Jacob’s Creek dont la communication est centrée sur la marque qui représente des millions de caisses et les 5 cépages, unique variable du marketing, qui répond aux préoccupations des metteurs en marché et de la GD. Aux USA « Yellow Tail » est une marque australienne de vin qui a fait une percée remarquable, appliquant une méthode marketing « Blue Océan Stratégy » adaptée aux conditions nouvelles de marché.
Le débat sur la méthode et sur la validité du modèle français est sur la place publique. Certains disent que ce n’est pas, au moment où l’hémisphère Sud commence à parler terroirs, qu’il faut abandonner cette notion et cette communication très française. A contrario, on se rend compte que la dénomination Pays d’Oc, qui agit et communique comme une marque, est un succès indéniable. principalement à l’export, Elle fédère de nombreux opérateurs, négociants, caves coopératives, caves de vigneron indépendant, et c’est en volume, sous ce nom, le champion français des ventes étrangères,Parallèlement à cette réussite, les AOC de la région Languedoc, principalement les entrées de gamme, n’ont cessé de perdre, globalement, des parts de marché depuis une dizaine d’années. Cela s’explique par les différences de condition de production et de rendement ha. Lorsque les AOC sont à 50 hl.ha. maximum, Pays d’oc est à 80 hl. ha.
Toute la communication des vins français est fondée sur l’originalité des terroirs!Jean Clavel

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