La réforme du classement des vins en Europe
Deux ans jour pour jour après la nouvelle OCM vins qui a totalement bouleversé les règles de production des vins dans l’union européenne et après une longue période de digestion pour les producteurs, il est temps pour nous d’expliquer les réformes qui ont été menées dans le système de classement des vins français et Européens.
L’organisation commune du marché du vin en Europe est toujours le fruit d’âpre négociations entre les pays du sud de l’Europe traditionnellement producteurs (Italie, France, Espagne…) et les pays importateurs et consommateurs Royaume-Uni, Allemagne, Benelux… Il s’en est suivi la publication d’un règlement du conseil européen fin avril 2008, qui a totalement bouleversé les règles de production des vins en Europe. En effet après dix ans d’une relative stabilité, et dans un contexte de globalisation des échanges des produits de la vigne et du vin, il était plus que nécessaire de réformer ces règles devenues inadaptées. Potentiel de production européen, régimes de subventions des états membres pour la viticulture, et pratiques Å“nologiques ont ainsi été revus pour fixer un cadre concurrentiel efficace et commun au sein de l’union. Lire la suite »
Vinexpo Asia-Pacific s’intéresse au vin au féminin
« En Asie, les femmes sont-elles aussi l’avenir du vin ? » demande Vinepo Asia-Pacific. Pour répondre à la question, le salon a mené une enquête, en partenariat avec Trendshealth (Chine) et Elle (Hong Kong, Corée et Japon). Neuf questions ont été posées aux consommatrices dans les quatre pays, en tout 2 810 femmes de plus de 18 ans. Le questionnaire a été diffusé du 11 février au 9 mars 2010. Sur la totalité des femmes interrogées, 48% d’entre-elles avaient moins de 30 ans
Le Japon assume son statut et son histoire, c’est le marché le plus mature d’Asie : 42% des femmes interrogées consomment du vin plus de deux fois par semaine. La régularité de consommation reste plus faible dans les trois autres pays, mais déjà plus d’une Chinoise sur deux déclare choisir son vin elle-même. En terme de critère d’achat, le prix est décisif au Japon (77%), alors quel’origine du vin est globalement le premier critère sélectif, notamment en Chine et à Hong Kong. Autonomes dans leurs choix, les femmes asiatiques ne craignent pas non plus pour leur ligne : pour 86 % des femmes interrogées dans les quatre pays, la consommation de vin est compatible avec une alimentation équilibrée. Lire la suite »
La disparition du vin de table
Le premier fait marquant de la réforme est la fin de la lente agonie du vin de table qui s’est traduite par sa disparition définitive. Alors que les volumes commercialisés de ce type de vin sont en chute libre en Europe depuis l’après-guerre, le conseil européen tire un trait définitif sur cette production. Il n’existe plus que du VIN, le qualificatif péjoratif de vin « de table » disparaît au profit d’une définition nationale de l’origine du produit. Ainsi le vin de table devient du vin sans indication géographique (sans IG), même si il peut être qualifié de français ou de DPCE (dans le cas d’un assemblage provenant de différents pays de la communauté européenne). En résumé le vin de table devient le vin sans IG mais il reste quand Français, Italien, Espagnol, ou un peu tout à la fois.
En tous cas, répondant à la demande de nombreux producteurs désirant imiter les succès des vins de cépages venus des pays du nouveau monde viticole, le vin sans IG peut désormais se revendiquer d’un cépage unique, et d’un millésime unique. Dans la mesure ou le producteur peut faire la preuve qu’au moins 85% du vin est produit à partir de raisins issus de ce cépage ou de cette année de récolte. Ainsi vous trouverez désormais du vin de France Sauvignon, Chardonnay ou Merlot, 2009. Quoique très porteur à l’étranger il est peu probable que ces vins trouvent rapidement une place sur la marché français en plus des indications de marque, ou d’origine.
Renaud Sounalet
Les vins avec IGP (indication géographique de provenance)
19 mai 2010 par Redaction · Lire le Commentaire
Cette catégorie regroupe les vins de pays, et les vins d’appellation d’origine, on la nommait autrefois VQPRD (vins de qualité produits dans une région déterminée) les changements pour le consommateur final sont peu sensibles, mais les producteurs sont beaucoup plus contrôlés dans l’élaboration de ces produits.
Les vins de pays tout d’abord passent sous l’égide de l’INAO, qui est du même coup rebaptisé INOQ (institut national de l’origine et de la qualité). En effet par opposition aux vins sans indication géographique de provenance les vins de pays font bien mention de leur origine de production. Ainsi dans la pratique ils sont soumis à un cahier des charges précis rédigé en accord avec les instances nationales, et géré au niveau local par une association de producteur qui doit être contrôlée par un organisme indépendant.
C’est également le système qui a été retenu pour la réforme des appellations d’origine contrôlées. De longue date, les associations de consommateurs dénonçaient les autocontrôles réalisés par des producteurs à la fois juges et parties, qui agréaient 99% de la production annuelle de l’appellation dans une grande dégustation finale des vins. Il y avait donc dans certaines appellations trop vastes des grands écarts de qualités entre différents vins qui portaient pourtant le même label.
Désormais la dégustation d’agrément est facultative, mais la capacité à produire du vin d’appellation peut être jugée sur l’ensemble des phases de l’élaboration. Les producteurs se voient ainsi attribuer une habilitation à produire les vins d’une AOC, qui peut leur être retiré à tout moment suite à un manquement constaté, par un organisme de contrôle indépendant. Les cahiers des charges de production ont été mis en place par les syndicats de défense de chaque AOC, et les règles sont donc censées être connues et appliquées par tous les intervenants sur le vin, du raisin au consommateur final.
Espérons que cette menace supplémentaire de contrôle et de retrait définitif de l’habilitation à produire du vin d’AOC fasse évoluer la qualité des vins dans le bon sens. L’objectif étant au niveau européen d’apporter aux consommateurs des signes clairs, homogènes, et facilement identifiables de la qualité et de l’origine des vins.
Renaud Sounalet
En Conclusion …
En résumé, le vin de table devient Vin de France et peut désormais revendiquer un cépage et ou un millésime.
Le vin de pays reste vin de pays, et fait son entrée parmi les vins à indication géographique protégée (IGP).
L’AOC devient AOP (appellation d’origine protégée), et passe au niveau européen. Elle devient en outre applicable pour tous les produits alimentaires traditionnels qui le souhaitent (fromages, charcuteries…).
Une fois de plus le système français de classification des vins a donc servis d’exemple à l’échelon européen pour créer une législation commune à tous les pays membres. Ce système aura pour principal intérêt d’homogénéiser les revendications pour les produits à indication géographique de provenance. En effet, il est clair que la réputation d’un produit pour lequel une région possède une tradition séculaire de production représente un avantage concurrentiel, qui doit être exploité et protégé. Ainsi l’inscription de la gastronomie et des vins français au patrimoine mondial de l’UNESCO, si elle est confirmée, constituera un avantage pour les producteurs français sur le marché international.
Cependant les pratiques commerciales sur les marchés internationaux vont vers une simplification des critères de choix, avec des produits qui doivent de plus en plus se différencier facilement. Parmi l’offre désormais mondiale de vins, le système mis en place pour classer les vins français et européens peut paraître très obscur aux consommateurs néophytes en Europe comme à l’étranger. En outre la simplification attendue par les producteurs pour pouvoir lutter à armes égales sur les marchés avec les vins venus des nouveaux pays producteurs est également loin d’être effective.
Après des années d’intenses bouleversements de la conjoncture mondiale, les institutions parviennent enfin à l’élaboration d’une réforme, qui reste donc partielle et complexe. Il est encore une fois regrettable que le rythme des changements des cadres législatifs est peu de rapport avec la rapidité des mutations des marchés mondiaux.
Renaud Sounalet
Les dégustations en primeur saluent Marquis de Terme
Marquis de Terme est un château à suivre de près. Une « valeur montante », comme on dit.
Pas de bouleversement toutefois. Mais les dégustateurs avertis l’auront remarqué. Marquis de Terme a entamé une évolution «sans révolution», et ses vins montent en puissance, gagnent en séduction, sans renier leur classicisme et leur formidable fidélité au terroir. Le tout, sur du velours…
Le nouveau directeur Ludovic David, et la fidèle équipe du château, ont entamé cette subtile évolution, tout en gardant une vinification dans le plus pur style des grands margaux. Les Echos, dans leur hors-série N°79 « Quelle crise ? », avaient dès le millésime 2008, saisi cette évolution sous la plume de Thierry Desseauve : « ll incombe au nouveau directeur, Ludovic David, de conserver cette dimension [un style médocain, charpenté et profond, mais très lent à se faire en bouteille] tout en gagnant en séduction .» Lire la suite »
Pas un nuage sur les stages du week-end dernier !
La colère du volcan Eyjafjöll n’aura pas eu d’incidence sur nos web-vignerons ! Et pourtant… Au château de Chamilly (Bourgogne), au domaine Clavel (Languedoc) ou au château L’Enclos (Bordeaux), on craignait de nombreuses défections lors du week-end dernier.
Il n’en fut rien ! Que vous veniez par voiture, par rail ou par les airs, vous avez quasiment tous répondu présent. Un bel exemple de la motivation qui vous anime dans votre parcours de web-vigneron… merci !
Le héros du week-end reste sans conteste André Cuvelier, web-vigneron au château L’Enclos. Certes, André Cuvelier n’est pas un web-vigneron classique ! Féru d’aéronotique, titulaire d’un brevet de pilote, il a poussé sa passion jusqu’à acheter un petit avion de tourisme avec un ami. Et les week-ends Mes Vignes (domaine Janisson, château L’Enclos) lui donnent l’occasion de combiner deux passions : le vol, et le vin. Lire la suite »
Enfin du vin BIO !
4 mars 2010 par Sophie Surrullo · Lire le Commentaire
Aujourd’hui le vin bio n’existe pas (nous y reviendrons dans un article ce mois-ci), seuls les « vins issus de raisins produits par l’agriculture biologique » sont en effet autorisés par l’Union Européenne. Cependant, cette mention pour le moins alambiquée vit probablement ses dernières heures. En effet, si le calendrier est respecté, le millésime 2010 pourrait être le premier à produire des vins bios, puisque la commission européenne doit publier dans quelques jours au cours du printemps 2010, les règles de vinification biologique.
Tant qu’il y aura des passions à partager…
6 janvier 2010 par Sophie Surrullo · Commenter
Depuis 4 ans déjà , l’équipe de Mes Vignes invite les amateurs de vin et les amoureux de nos terroirs à rencontrer les vignerons en leur ouvrant les coulisses de leurs domaines, dans les principales appellations françaises. Avec comme objectif de faire d’eux les acteurs de la magie de l’élaboration du vin.
Comme vous le savez sans doute, nos vignerons partenaires sont talentueux et passionnés, comme en attestent les nombreuses distinctions reçues encore cette année et dont nous vous avons parlé sur ce blog. En les choisissant en fonction de 4 critères rigoureux (la qualité et l’authenticité de leurs vins, de leur domaine, leur sens de la convivialité et du partage, leur respect du terroir et de l’environnement), et en étant un lien privilégié entre les consommateurs et les vignerons, nous contribuons, à notre manière, à la promotion et à la préservation de nos vignobles et de notre patrimoine.
Que vous soyez déjà web-vigneron, lecteur occasionnel ou régulier de ce blog, nous espérons donc que vous ne boirez plus votre vin comme avant !…
Avec nos vignerons partenaires, nous vous souhaitons le meilleur pour cette nouvelle année. Qu’elle soit un très grand cru !
L’équipe Mes Vignes
Quel avenir pour le monde du vin ?
15 décembre 2009 par Sophie Surrullo · Commenter
Les manifestations sur le thème « quel avenir pour le monde du vin ?» se multiplient en France et dans le monde. Les périodes de crise sont en effet propices à la réflexion et des groupes aux aspirations diverses et variées se forment pour faire naître l’après crise…
Ainsi, après le « Davos » du vin qui s’est tenu du 30 octobre au 02 novembre dernier sur les bords du lac de Côme, le salon « Vignerons d’Europe » s’est tenu du 2 au 8 décembre 2009, en Toscane. Vous l’aurez compris il s’agit bien en quelque sorte, d’un sommet alter-mondialiste du monde du vin, en réponse à celui plus officiel des puissants groupes internationaux. Sous l’égide de Slow Food, ce salon se proposait donc de réunir 1000 vignerons venus de toute l’Europe, afin de rédiger un document commun servant de base à leurs revendications auprès des pouvoirs politiques nationaux et européens. Lire la suite »


