Et au commencement fut… Dionysos
16 septembre 2008 par Sophie Surrullo
Dès la plus haute Antiquité, l’histoire de la vigne est liée à celle de la mythologie orientale, particulièrement à celle de Dionysos, créateur et protecteur de la vigne, qui, d’Asie, se diffusa vers l’Egypte, la Thrace et l’ensemble des pays méditerranéens.
Dionysos est le fils de Zeus et d’une princesse thébaine, Sémélé, « le dieu des fêtes aux belles couronnes, le premier des bienheureux, celui qui a le pouvoir de conduire le choeur des thiases, de s’éjouir au son de la flûte et d’apaiser les soucis soit lorsque le jus de la vigne brille dans le festin des dieux, soit lorsque, dans les fêtes où l’on porte le lierre, le cratère verse le sommeil aux hommes. » Euripide, Les Bacchantes, v. 376-385
En ces temps, le culte de Dionysos est célébré par les initiés dans toute la Grèce. « Les servantes et leurs maîtresses devaient suspendre leurs travaux, couvrir leur sein d’une peau de bête, dénouer les bandelettes de leur chevelure, porter sur leur tête une couronne, dans leur main un thyrse orné de feuillage. » Ovide, Les Métamorphoses, IV, v. 5-8
A Athènes, il donne lieu à de grandes fêtes populaires, les dyonisies : processions tumultueuses où figurent, évoqués par des masques, les génies de la terre et de la fécondité, et des déclamations de dithyrambes (hymnes en l’honneur du dieu), beuveries et spectacles dramatiques. Ces processions sont à l’origine du théâtre grec : « Les paysans d’Ausonie, race envoyée de Troie, s’amusent à des vers grossiers, à des rires débridés ; ils prennent des masques hideux, creusés dans l’écorce ; ils t’invoquent, Bacchus, en des hymnes joyeux et en ton honneur ils suspendent en haut d’un pin des figurines d’argile modelée. » Virgile, Géorgiques, II, v. 380-396
A Rome, un jour par an est consacré à Bacchus. « Tu fais peser un double joug sur le cou des lynx, paré de rênes aux vives couleurs ; à ta suite marchent les Bacchantes, les satyres et le vieillard aviné dont une tige de férule soutient les membres titubants et qui a peine à se tenir sur le dos voûté de son âne. Partout où tu vas retentissent les cris des jeunes gens, les voix des femmes, les tambourins qu’on frappe de la paume, les bronzes concaves et les flûtes de buis au long tuyau. » Ovide, Les Métamorphoses, IV, v. 24-30
Les Bacchanales naissent probablement en Egypte, pour arriver en Grèce puis à Rome où elles prennent un caractère de débauche. Les orgies de Néron, Caracalla, Tibère, pour ne citer qu’elles, sont restées célèbres. C’est en 186 avant JC que, suite à un procès retentissant, les Bacchanales disparaissent.

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