Vignerons de pères en fils
2 juin 2008 par Emmanuelle Garralon
Rencontre avec Paul Fouassier, vigneron propriétaire avec son cousin Benoît, du Domaine Fouassier en Sancerre. C’est la 10ème génération du Domaine ! Il est papa d’un petit garçon de 3 ans et demi.
Paul, quelles sont les origines du Domaine Fouassier ?
Le Domaine a vu le jour au 16ème siècle. A Sancerre, il y a toujours eu de la vigne, c’était un mélange de polyculture et d’élevage. Les familles rurales vivaient en autarcie. C’est pourquoi elles produisaient des céréales, de la vigne, elles élevaient du bétail pour la viande, … Il y a encore moins de 10 ans, on avait encore des céréales. Nous avons aujourd’hui des terres que nous mettons en exploitation auprès d’agriculteurs céréaliers. Nous nous sommes recentrés sur la vigne exclusivement.
On a commencé à faire vraiment de la vigne au début du 20ème siècle. Jules, mon arrière-arrière grand père, faisait partie des 500/600 vignerons sur le village de Sancerre. Nous sommes aujourd’hui une dizaine… On est donc la plus vieille famille sur le village. En 1902, Jules a planté le Clos Paradis, un cépage qu’on a toujours. Il a été le premier à planter avec le palissage. Il travaillait les vignes avec trois ânes noirs du Berry.
Et après Jules ?
Son fils, Gustave, mon arrière grand-père, a commencé à être tonnelier. Il a ensuite pris le relais dans les vignes et à la cave, puis repris complètement le flambeau. En 1923/1924, il est allé au Concours Agricole de Paris pour promouvoir le Sancerre. Mais il a fait tomber sa valise qui contenait les bouteilles sur le quai de la gare de Lyon… Le Sancerre n’était pas du tout connu à l’époque, on le vendait et le buvait en pichet ! C’est l’obtention de l’AOC en blanc, en 1935/1936 qui a déclenché sa notoriété.
Qui a succédé à Gustave ?
Mon grand-père, Raymond. Il a repris le Domaine lors de la maladie de son père, dans les années ’30. Il n’avait que 13 ans, et s’est forgé un sacré caractère ! Il a été très novateur. Il a été le premier, par exemple, à acheter un tracteur enjambeur à Sancerre. Bien qu’il ait toujours gardé son cheval !…
Ensuite, c’est mon père, Pierre, qui est revenu au vignoble dans les années 1970, après avoir fait ses études au Lycée Viticole de Beaune. Il est suivi par Jean-Michel, son frère, père de Benoît, mon cousin.
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, c’est Benoît, mon cousin et moi-même, qui avons repris les rênes. Benoît en 2000, moi, l’année suivante. Et depuis, on est à fond dedans ! Mon frère viendra peut-être nous rejoindre, mais il a choisi pour l’instant de s’investir à fond dans le rugby. Nos mères travaillent avec nous dans les bureaux. Mon père travaille toujours dans le commercial. Pour nous, le Domaine est une évidence : la passion s’est transmise naturellement, de père en fils. On a toujours été dans les vignes, on a toujours accompagné nos pères. Mon fils, qui a 3 ans et demi, adore déjà venir avec moi dans le vignoble, il est très attiré par le tracteur ! Mais il prendra la succession uniquement s’il le désire.

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