C’est le début du cycle végétatif
6 avril 2009 par admin
Le printemps annonce le début du cycle végétatif de la vigne : après les pleurs, c’est le temps du débourrement.
Un bourgeon est un embryon de rameau qui est constitué par un cône végétatif muni d’ébauches de feuilles.
Sur le rameau vert en croissance, on observe plusieurs types de bourgeons :
- à l’extrémité, le bourgeon terminal qui assure la croissance en longueur du rameau, et qui tombera à l’arrêt de la croissance ;
- au niveau de chaque nœud et à l’aisselle de la feuille, un prompt-bourgeon apte à se développer rapidement, et un œil latent qui se retrouve sur le sarment en hiver. Cet œil latent (ou dormant) ne se développe pas l’année de sa formation. Il est en réalité composé d’un bourgeon principal (qui porte les ébauches de feuilles, d’inflorescences ou de vrilles) encadré d’un ou plusieurs bourgeons secondaires, protégés de l’extérieur par la bourre (semblable à une légère couverture cotonneuse) et par deux écailles brunes.
Sur le cep de vigne, on peut remarquer d’autres bourgeons, notamment au point d’attache du sarment sur le vieux bois. Ceux-ci seront à l’origine du développement de rameaux, parfois imprévus et qu’il faudra ôter plus tard dans la saison. Tous les bourgeons de la vigne donneront naissance à un rameau, futur sarment, plus ou moins complexe et fertile. En effet, il n’existe pas sur la vigne de « boutons à fruits » comme sur d’autres espèces fruitières.
Pendant que le bourgeon principal se développera, les autres seront en quelque sorte mis en réserve en cas d’accident (gel ou trop forte vigueur). Les ébauches des organes verts se mettront à grandir pendant que le rameau continuera à s’allonger.
Le moment du débourrement
Lorsque l’œil latent porté par le sarment entre en activité au printemps, c’est le temps du débourrement.
Les yeux sont gonflés, les écailles protectrices qui les recouvrent s’écartent délicatement, et la bourre devient peu à peu visible. Le phénomène se poursuit, l’œil continuant à gonfler et s’allonger jusqu’à ce qu’une pointe verte apparaisse : c’est la jeune pousse, juste avant les premières feuilles rudimentaires.
On peut remarquer que les yeux des extrémités du rameau débourrent en premier : c’est le phénomène de l’acrotonie, qui peut retarder, voire empêcher, l’évolution des autres bourgeons de rang inférieur.
Tous les yeux laissés à la taille ne débourrent pas forcément, et ceci est un critère technique à prendre en considération car il conditionne le potentiel de la future récolte. En effet, cette absence de débourrement peut avoir pour cause une charge excessive par rapport à la souche (normalement maîtrisée par un système de taille adapté), une altération par la grêle (cette année 2008 est fortement marquée par les giboulées de printemps), par le gel, par des champignons ou des parasites.
Les bourgeons qui entreront en croissance sur le vieux bois du porte greffe sont inutiles ou nuisibles, et on les supprimera en début de végétation (épamprage).
La température est le principal critère déclencheur du débourrement : la croissance apparente a lieu dès lors que les températures journalières avoisinent 8 à 12°C.
Les souches les plus vigoureuses débourrent plus tard que les autres, et les cépages ont des démarrages différents car leurs exigences thermiques pour initier le débourrement sont spécifiques : ainsi, par exemple, les merlots les plus jeunes (plus vigoureux et plus précoces) « exploseront » parfois avec une bonne quinzaine de jours d’avance sur les vieux cabernets dans la région bordelaise.
Sur les parcelles les plus exposées au gel, on peut retarder le départ du débourrement en pratiquant une taille tardive, ce qui aura pour effet de différer légèrement, mais suffisamment, l’ensemble du cycle.
La hauteur d’établissement des souches et l’arcure (donnée au rameau au moment du pliage) modifieront également les conditions de circulation de la sève.
En tout état de cause, on peut dire que la croissance de la vigne démarre à cette époque, et les inquiétudes qui l’accompagnent, aussi !
Nous étions assez peu habitués ces dernières années aux printemps pluvieux et froids, mais il ne faut pas oublier que « c’est un temps de saison » et toute la pluie tombée ces jours derniers est nécessaire à la reconstitution des nappes phréatiques qui nous seront bien utiles si l’été est chaud et sec.
Mais nous n’en sommes pas encore là, et nous avons encore bien des nuits à guetter la chute du thermomètre.

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[...] sur les bois qui ont été précédemment taillés. Cette étape est connue sous le nom de débourrement(étape du cycle végétatif annuel de la vigne durant laquelle les jeunes pousses sortent des [...]