Tout sur le mildiou…
9 juillet 2009 par Sophie Surrullo
Comme cette année, les risques de mildiou sont particulièrement élevés en raison des conditions climatiques, voici un focus sur cette maladie qui peut s’avérer dévastatrice.
Venue d’Amérique…
Le mildiou de la vigne est une maladie originaire d’Amérique qui fut observée en France par Planchon en 1878. Elle est due à un champignon, Plasmopara viticola, qui se développe sur tous les organes verts : rameaux, feuilles, grappes, vrilles. Elle a été à l’origine de pertes de récolte catastrophiques.
Actuellement, le vigneron est armé pour éviter cela, mais une lutte permanente reste indispensable, surtout les années où le risque est particulièrement élevé.
Comment reconnaître le mildiou ?
Sur les feuilles, les symptômes se caractérisent par l’apparition de plages translucides appelées « taches d’huile » de forme généralement circulaire (voir photo). A la face inférieure des feuilles apparaît une poussière blanche qui se détache facilement au frottement : ce sont les fructifications du champignon (conidiophores). Au bout de quelque temps, les taches brunissent et se dessèchent.
Sur les feuilles âgées, les taches sont petites et anguleuses, leur contour est limité par des nervures, elles apparaissent généralement à l’automne. Leur forme et leur couleur (vert-jaune, brun) rappellent une mosaïque, d’où le terme de « mildiou mosaïque ».
Sur les rameaux verts, la contamination provoque une tache jaune livide qui brunit ; le rameau se courbe en crosse puis se redresse, des conidiophores sortent de ces taches. Les dégâts sur rameaux sont plus rares mais plus graves que sur feuilles.
Sur les grappes, l’attaque du pédoncule provoque une courbure en crosse de la grappe, mais le plus souvent la maladie se manifeste sur les baies.
Sur les fruits à peine formés, les grains atteints se recouvrent d’une poussière blanche : c’est le Rot gris.
Sur les fruits verts déjà développés, des taches livides apparaissent sur le grain, elles brunissent et se dépriment : c’est le Rot brun.
Un champignon microscopique…
La maladie est donc causée par un champignon microscopique qui passe l’hiver dans le sol, à l’intérieur des feuilles mortes, sous forme d’œufs d’hiver très résistants. Dès que la température dépasse 11°C et après une pluie, les œufs émettent un filament au bout duquel se forme un renflement. Celui-ci éclate en présence d’eau et libère de petits germes appelés zoospores.
Ces zoospores sont projetés sur les organes herbacés par les éclaboussures se produisant au cours des pluies. Chacun d’eux émet alors un filament, ou mycélium, qui pénètre par les stomates des feuilles : c’est la contamination déterminant un foyer primaire.
Ensuite, le mycélium se développe à l’intérieur de la feuille : c’est l’incubation qui dure de sept à dix jours. Après ce délai apparaissent les taches d’huile et la poussière blanche : c’est l’invasion.
Ces cycles se répètent successivement tant que les conditions de température et d’humidité s’y prêtent, en particulier en tout début de cycle sur les jeunes organes verts.
La maladie provoque la chute des organes atteints et entraîne un retard de maturité, un degré alcoolique plus faible, un mauvais aoûtement, donc une plus grande sensibilité au froid, un retard au débourrement : globalement, une incidence défavorable sur la production. En cas d’attaques répétées, non seulement la récolte est fortement compromise, mais la pérennité de la plante elle-même est sérieusement compromise.
Comment lutter contre le mildiou ?
La lutte contre le mildiou s’organise tout d’abord à l’aide de mesures prophylactiques. Il s’agit de réduire le plus possible les conditions favorables à la formation de foyers primaires par la suppression des mouillières où l’eau se plaît à stagner, l’épamprage précoce pour éliminer les feuilles basses, la destruction des jeunes plantes issues de semis naturels.
La lutte chimique est indispensable et demeure essentiellement préventive en appliquant un fongicide sur les organes sains avant toute contamination, même si certains produits ont une action curative. Le nombre et l’époque des traitements sont déterminés par les caractéristiques des produits et l’estimation du risque de contamination.
Le plus ancien des fongicides de contact anti-mildiou est bien sûr la bouillie bordelaise, constituée de sulfate de cuivre et de chaux, puis apparurent des fongicides organiques de synthèse, utilisés seuls ou en association avec le cuivre, toujours intéressant pour la qualité de sa tenue au feuillage et sa résistance au lessivage lors de pluies.
Il existe également des fongicides pénétrants, à base de cymoxanil, qui mettent le végétal à l’abri du lessivage et peuvent attaquer le parasite au moment de la contamination. Ils ont un effet curatif.
Enfin, les fongicides systémiques, véhiculés par la sève, ont une action de couverture plus longue dans le temps et un effet stoppant.
Aujourd’hui la lutte contre le mildiou est modélisée selon le système EPI (Etat Potentiel d’Infection) qui permet de prévoir l’agressivité du mildiou dès la phase hivernale. Complétée par les observations sur le terrain des réseaux de lutte raisonnée, cette prévision offre au vigneron un marge de manœuvre certaine qui lui permet d’affiner sa stratégie afin de ne pas abuser des produits de traitement.
Sandrine Camby

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ce site est tres instructif
mais bon… cela manque d’images…. quel dommage…