La cuvée Mes vignes
Les conseils sommeliers de Nicolas Geoffroy
Rosé
Le rosé du Domaine de La Tour du Bon, issu des terroirs profonds de Bandol, livre une palette de fruits complexe et élégante : la mûre en premier plan, mais aussi les baies gourmandes et acidulées, telle la groseille, et une fraîcheur d'agrumes (pomelo) typique de ces vins. Le tout sur une belle structure ensoleillée, à la finale chaleureuse et pleine, comme sait l'être un vin résolument sudiste.
Au delà d'un équilibre parfait entre gourmandise et construction moderne, cette cuvée est révélatrice du renouveau des vins de Provence au style épuré, et plein de malice.
Accords mets-vins. Indubitablement, ce rosé gourmand est un vin taillé pour la table, comme en accord avec des poissons de roche,
telle une rascasse aux poivrons et chermoula, un beau filet épais de cabillaud et purée de fenouil ou encore de belles sardines moelleuses aux sarments. Mais dans un registre plus estival, on n'oubliera pas les salades roboratives et croquantes, assorties de charcuteries de pays et de montagne, qui rendent les rosés si conviviaux. Votre cuvée pourra aussi être mise en scène sur des viandes, par exemple de simples brochettes de boudin fermier aux épices, mais aussi de belles et juteuses viandes rouges comme un magret de canard mariné aux aromates. Enfin, le rosé de Provence restant un vin de contexte par excellence, on saura aussi l'apprécier entre amis, pour lui seul, comme un moment privilégié de vacances.
Rouge
Les vins rouges du Domaine de La Tour du Bon, dominés par le cépage Mourvèdre, produisent des vins profonds et vigoureux, mais équilibrés dans leur puissance par une belle fraîcheur.
Ils ont cette double personnalité typique des Bandol de belle facture : un premier abord massif, personnalité du Mourvèdre épicé et astringent, puis les notes fruitées, rondes et sudistes du Grenache et du Cinsault.
Accords mets-vins. Cette cuvée se mariera de préférence aux spécialités du Sud mais également à des recettes épicées ou d'inspiration orientale. Par exemple, un tajine aux pruneaux ou des pastilla de pigeon, un agneau confit aux épices douces et bien sûr une onctueuse daube à la provençale.
Plus accessible : une simple mais délicieuse côte de bœuf au poivre ou des rognons de porc au madère… simple et efficace !
Les vins de la propriété
VINS BLANCS
Domaine de La Tour du Bon (AOP Bandol)
Clairette 85%, Ugni Blanc 5%, Rolle 10%.
D'une couleur brillante de reflets vert à paille, il possède un parfum montant d'agrumes et de fleurs blanches, de fruits exotiques dans sa jeunesse, de cire et de miel en vieillissant. Sa bouche est ample sans lourdeur. Malgré sa faible acidité, il possède une belle vivacité grâce à une finale minérale réglissée. D'un charme simple, ce vin se conçoit comme un parfum qui se boit laissant un sillage singulier dans l'esprit.
A servir en apéritif, avec un loup grillé au fenouil ou une viande blanche.
Servir à 12°C.
VINS ROSES
Domaine de La Tour du Bon (AOP Bandol)
Grenache 35%, Mourvèdre 25%, Cinsault 30%, Clairette10%
D'une teinte ocrée, la robe est douce au regard, elle évoque tant la chaleur rassurante du paysage de Provence.
Tout en nuances, le vin exhale des parfums à la fois toniques et gourmands. Une sensation en bouche tendre et épicée permet à ce rosé une large palette d'accords allant des fruits de la mer jusqu'aux plats relevés d'Afrique du Nord.
L'exotisme lui va à ravir. Servir à 13°C
VINS ROUGES
Domaine de La Tour du Bon (AOP Bandol)
Mourvèdre 55%, Grenache 25%, Cinsault 15%, Carignan 5%
Le Rouge classique du Domaine, véritable « sang de la terre » nécessite pour son élaboration, l'intégralité du fruit. Il retrace le chemin du temps et l'interaction entre la nature, la vigne et l'homme.
Du violacé au rouge brique suivant l'âge du vin, sa robe soutenue est limpide et dense.
Ce vin se veut plus accessible que le Saint Ferréol mais d'une belle complexité aromatique liée aux 3 ou 4 cépages qui le composent .
Le fruité du Grenache en forte proportion apporte des notes kirchés en contre-point des accents épicés et poivrés du Mourvèdre. Quant au Cinsault, il relie l'ensemble. Sa bouche possède une trame tannique parfois puissante dans sa jeunesse et devient charnue et soyeuse en vieillissant.
Il peut être apprécié dès maintenant avec une côte de bœuf au poivre, un tajine aux pruneaux, ou après quelques années avec un gigot d'agneau aux fèves.
Servir à 22°C, carafer si millésime ancien.
Domaine de La Tour du Bon Cuvée Saint Férreol (AOP Bandol)
Mourvèdre 90%, Grenache, Cinsault, Carignan, 5%
Cette cuvée est née en 1987 d'un désir d'isoler les plus beaux Mourvèdre du Domaine mais sans porter préjudice au vin rouge du Domaine. Le Saint Ferréol ne sera produit que lorsque la cuvée classique présente un bel équilibre à elle toute seule.
Quelque peu spirituel par son nom, parfois impénétrable par sa robe, le Saint Ferréol rend hommage à ce cépage à la fois omniprésent (90% dans ce vin) et si difficile à cerner. Introspectif, rigoureux, droit, sa bouche épicée, poivrée laisse une empreinte minérale. Le tabac, la truffe , le lys se mêlent à la note acidulée du carignan. L'apport du Carignan ouvre le vin, le rend plus brillant dans sa ténébreuse retraite.
Un serano avec un tour de moulin de poivre de Sechuan lui va assurément bien.
Servir à 22°C, et ne pas hésiter à carafer.
Quand au reste de la gamme, il réserve encore de belles surprises, notamment en vins doux naturels. Venez les découvrir au domaine…
Portrait du vigneron
Agnès Hocquard-Henry
Comment est né le Domaine de La Tour du Bon ?
Propriété de la famille Mauric, le domaine de La Tour du Bon était déjà une ferme à vocation viticole, avec principalement du raisin de table, possédait aussi des oliviers et une grande pinède, lorsque mes parents décidèrent d'acquérir ce domaine en 1968. A partir de cette année là et durant 22 ans, ma mère a mené la gestion de ce Domaine dans la plus grande discrétion par rapport à sa vie de famille, s'éclipsant de Paris pour les vendanges et très régulièrement durant l'année pour suivre l'activité. C'est avec l'aide d'Ernest Scaglione, déjà en charge du vignoble et de la cave de La Tour du Bon depuis quelques années, que ma mère a pu apprendre peu à peu le métier de viticultrice. D'importants travaux de plantation de vignes ont alors débuté pour atteindre la surface actuelle, la plupart des greffons provenant du vignoble du Château Pradeaux. Au fil du temps, les coups de pioche et les coups de cœur de ses habitants ont transformé cette modeste ferme en un beau domaine viticole de 15 ha.
Et vous, qu'est ce qui vous a conduit vers ce métier de vigneronne ?
J'ai passé au domaine tous les étés de vacances de mon enfance avec frères, cousins et amis. On escaladait la colline, sautait les restanques, courrait dans les vignes jusqu'à la tombée de la nuit. On revenait poussiéreux, écorchés, avec de la résine sur les vêtements, saturés d'odeurs de garrigue, comme enivrés de cet espace de liberté et de plaisirs sensoriels. De là m'est venu véritablement le goût de cette terre épicée.
Et puis, un beau matin en 1989, peu de temps après la naissance de ma fille Noémie, ma mère m'a demandé tout simplement au téléphone : « cela te dirait de t'occuper du Domaine » ?
Trois mois après, je suis venue m'installer avec Christophe, mon époux et notre bébé. J'avais 27 ans et le vin m'était étrangement inconnu : un secret bien gardé.
Le monde du vin était pour moi bien différent de celui de l'industrie agro-alimentaire où je travaillais. J'ai renoncé rapidement à avoir une autre activité professionnelle pour me consacrer entièrement à la découverte de la vigne et du vin. Subrepticement, j'ai glissé dans ce métier sans jamais y avoir songé.
Comment se compose l'équipe du domaine ?
Nous avons su, ma mère et moi, nous entourer de personnes de compétence technique. En 1990, pour débuter, j'ai embauché Thierry Puzelat, un torréador du vin, un artiste dégustateur en cave. Les Rouges du Domaine gagnèrent en puissance et en matière. De 1994 à 2007, Antoine Pouponneau a oeuvré avec un sens délicat de la nature. Sa douceur angevine et son brin de nonchalance sont parvenus à donner charme, finesse et personnalité aux vins généreux.
Depuis 2007, Julien Pierre avec un nom prédestiné, fait de jus, de lien et de pierre, a pris la suite d'Antoine. D'abord tout jeune apprenti, il a saisi le relais petit à petit. Il possède toute la discrétion, l'humilité des grands vignerons. Il est né ici, un avantage indéniable pour ressentir au plus près cette nature. Nous travaillons tous les deux en tandem, il m'est une aide précieuse dans les tâches techniques en vigne et en cave.
Qu'est-ce qui a été pour vous le plus important pour réussir dans ce métier ?
Ce qui est important, c'est d'avoir eu cette éducation sensorielle, pendant mon enfance. On a trop tendance à se définir par sa formation, comme sur un CV : je suis ingénieur, j'ai fait ceci ou cela. Mais pour réaliser un grand vin, il faut avant tout être humble devant la nature, comprendre mais aussi sentir et ressentir le comportement des vignes et du vin à des signes imperceptibles, des odeurs. Ici rien n'est systématique, beaucoup de nuances et de diversités se combinent dans les tons, les essences, la luminosité. Tout comme dans nos vins, les cépages sont nombreux, jouant chacun dans un registre spécifique pour participer en finale à une œuvre gustative dans le vin.
J'ai intégré toutes ces notions différemment de quelqu'un qui serait né ici, peut-être plus fortement encore. Pendant toute ma jeunesse, j'ai vécu ce contraste à mi-temps entre Paris où l'on se protégeait en se repliant sur soi-même, et les vacances ici où tous les sens étaient en éveil. Depuis la tendre enfance, toutes les sensations liées à chacune des saisons se sont imprimées une à une. La fraîcheur de l'hiver et la magie de Noël : la mousse recueillie délicatement dans la pinède pour la crèche, les bougies et les feux de cheminée. Les balbutiements du printemps et l'explosion des fleurs odorantes. L'été : la rudesse de la sécheresse, la crainte des feux de forêt, les joies de la mer dans la douce baie des Lecques, le corps salé à s'endormir dans la voiture sur le chemin du retour, les longues siestes et rêveries bercées par le chant des cigales.
Est-ce que vos vins sont des « Madeleines de Proust » de toutes ces sensations ?
Les vins du Domaine de La Tour du Bon transcrivent indéniablement ce terroir provençal où ils sont nés. Je n'ai pas l'accent, mai eux l'ont. Conçu comme un parfum qui se boit, le Bandol blanc, délicat et fluide, annonce les beaux jours, chaque année, alors que les talus se parent de multiples fleurs sauvages : coquelicots, bourraches, lin, chèvrefeuille, cystes. La couleur du Rosé joue avec la lumière qui s'intensifie avec la venue de l'été. D'une accroche olfactive épicée légèrement zestée, il livre sa bouche en cœur comme un séducteur, surprenant et conciliant. Enfin, le Bandol rouge du Domaine, véritable « sang de la terre », retrace le chemin du temps et l'interaction entre la nature, la vigne et l'homme. Chaque vin est comme une promenade faisant appel aux règnes animal, végétal et minéral. Chaque millésime jalonne notre vie de repères pour former une histoire.
Localisation des parcelles
En pratique
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Cépages de la cuvée :
Mourvèdre, Grenache, Cinsault
Moitié des bouteilles en rouge, moitié en rosé
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Date stage Découverte :
de mars à juillet |
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Date stage Vendanges :
septembre |
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Date stage Oenologie :
de mars à mai après les vendanges |
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Disponibilité du vin :
de 10 à 12 mois après les vendanges (rouge d'un millésime antérieur) |
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