La sélection Mes Vignes
• 3 bouteilles du rarissime champagne « Clos du Faubourg Notre Dame », sur le millésime 2000, 10 années d'élevage en caves. « Une cuvée envoûtante aux arômes complexes, dotée d'une délicieuse rondeur, de notes miellées, de minéralité et surtout, une grande longueur en bouche ».
• 3 bouteilles du champagne Blanc de Blancs Brut Vertus Premier Cru, millésimé 2004 (ou 2005), 5 années d'élevage en caves. « Une sélection des vieilles vignes au cœur du terroir de Vertus, élaborée seules les grandes années. Après plus de 5 ans en cave, le chardonnay révèle ses notes briochées et beurrées. Puissance et complexité pour les grands moments d'exception ».
• 12 bouteilles du champagne Blanc de Blancs Brut Vertus Premier Cru « L'expression de tout le savoir-faire de la Maison Veuve Fourny dans ses assemblages parcellaires, de différentes récoltes. L'expression pure du chardonnay de Vertus Premier Cru dans cette grande cuvée. Vivacité et pureté, finesse et élégance. »
Les champagnes Veuve Fourny & Fils
En moins de 10 ans, Charles-Henry et Emmanuel Fourny se sont positionnés comme les orfèvres de Vertus. Leurs champagnes purs, racés, sans fard sont de plus en plus reconnus des grands dégustateurs. Veuve Fourny & Fils, c'est un style, une finesse et une élégance magnifiées par le chardonnay dans ce sous-sol de craie pure. C'est aussi le respect du vin et la patience - parfois 10 ans et plus - pour que les bouteilles affinent lentement leurs arômes dans la quiétude des caves voûtées. De cette longue gestation, les champagnes Veuve Fourny tirent une finition parfaite, une longueur en bouche dont les notes aromatiques s'égrennent encore bien après la dégustation. « Le silence qui suit Mozart, c'est encore du Mozart ».
Joëlle Weiss
Revue de presse
Bettane & Desseauve 2011 : « En très peu de temps, Charles-Henry et Emmanuel Fourny ont transformé cette petite maison familiale installée à Vertus pour en faire une adresse sûre et excitante pour les amateurs de champagnes précis, vineux et authentiques. »
Gault & Millau 2011 : Blanc de Blancs Vertus Premier Cru « Le relief citronné et crayeux s'invite ici dans une mousse généreuse et crémeuse. Le vin fait saliver et aiguise les papilles avec grâce ». Millésimé 2004 « Ample et crémeux en bouche, il se joue de l'acidité qu'il enrobe avec noblesse et s'installe confortablement sur de longues caudalies. »
Guide vert RVF 2011 : « Une nouvelle génération, incarnée par Charles-Henry et Emmanuel Fourny, préside désormais aux destinées de ce domaine bien implanté à Vertus, au Sud de la Côte des Blancs, notamment sur le Clos Notre Dame, qui fait partie du patrimoine familial depuis le XIXe siècle. »
Parker 12/2009: "89 P. The NV Brut Blanc de Blancs Premier Cru offers up lemon zest, flowers and sweet spices in a taut focused, style. This mid-weight, crisp Champagne shows superb balance in an accessible style for this producer that bridges a nice middle ground in terms of dryness. (…) These new releases from Veuve Fourny were among the most impressive I tasted this year. The estate favors low dosage, while the majority of the wines undergo malolactic fermentation."
Portrait
Charles-Henry et Emmanuel Fourny
Mes Vignes : Qu'est-ce qui vous a conduit vers ce métier ?
Emmanuel Fourny : depuis tout petits, mon frère moi avons toujours été curieux du vin. Notre père possédait une très belle cave, et même s'il a disparu quand nous étions enfants, il nous a légué cet héritage qui comptait beaucoup pour lui. Aussi loin que je me souvienne, la dégustation, l'échange autour du vin – de Champagne ou d'ailleurs – a toujours participé aux rencontres familiales, et me paraît indissociable de notre famille.
Pour autant, notre mère nous a toujours laissé le choix : mon frère s'est orienté vers une école de commerce, moi-même j'ai envisagé un moment médecine avant finalement d'étudier l'œnologie, mais je suis parti vinifier ailleurs, aux Etats-Unis.
Qu'est-ce qui vous a fait revenir au domaine ?
Pendant longtemps, ma mère et ma grand-mère ont géré le domaine, en faisant appel à de l'aide extérieure. Et puis un élément a changé la donne : en 1993-1994, la crise viticole a été très dure ici, et notre mère nous a demandé de nous décider. Soit nous voulions reprendre le domaine, soit elle l'aurait probablement mis en gérance. Mon frère travaillait à l'époque à Londres, j'étais moi-aussi à l'Etranger. Nous nous sommes concertés, et puis nous avons voulu revenir vers nos racines et construire quelque chose ensemble, en faisant jouer nos complémentarités : moi à l'élaboration, lui à la commercialisation. Nous avons repris la propriété en 1995.
Comment était le domaine quand vous l'avez repris ?
Nous avons hérité de 6 ha entièrement situés sur le village de Vertus, classé en premier cru. Les vignes avaient déjà un certain âge : quand elle s'est retrouvée veuve, ma mère n'a pas pu renouveler le vignoble par pans entiers comme cela se pratiquait alors. Aujourd'hui, c'est une grande chance de pouvoir compter sur des vignes de 41 ans en moyenne.
Et puis, il y avait déjà le Clos du Faubourg Notre Dame, que mon grand-père a eu l'intuition d'acheter, même si ma grand-mère a eu la moins bonne idée d'y arracher des vignes pour construire sa maison !
Dès le début, nous nous sommes passionnés, mon frère et moi, pour le terroir de notre village de Vertus. C'est le Clos qui nous y a poussé : étant étudiant, je me suis mis à le vinifier séparément, et nous nous sommes aperçus à la dégustation qu'il possédait une expression à part. C'est cela qui nous a « mis le pied à l'étrier » et fait nous intéresser à notre parcellaire. A l'époque, ce n'était pas du tout à la mode, personne ne parlait de champagne de terroir, de vinifier à part des lieux-dits et des clos.
Pourquoi avoir développé le statut de Maison de Champagne – donc négociant ?
Pour le terroir justement ! Notre idée était de devenir spécialistes de Vertus. Or ce terroir a la chance d'avoir 3 expositions, 3 types de sols différents sur un même sous-sol de craie pure, et 2 cépages : en croisant ces différents paramètres, cela permet d'avoir un pannel, un éventail parcellaire extrêmement riche. Nos 6 ha ne couvraient pas toute cette palette, même si nous avons acquis 2 ha depuis 1995. Le statut de négociant nous permet d'acheter des raisins sur toute la commune avec des expressions très différentes : depuis les redzines calcaires du côté du Mesnil et leurs chardonnays pointus, minéraux, jusqu'aux éboulis de marnes et de craie à l'Est du côté de Bergères-les-Vertus aux vins plus fruités, plus ronds, moins profonds. Nous vinifions l'équivalent de 17 ha sur Vertus, en 12 lieux-dits et plus de 50 parcelles différentes ! Nos projets de travaux vont aussi dans ce sens avec la construction en 2011 d'une cuverie sur 2 étages. Un outil entièrement conçu en cuves superposées de petite taille, qui va nous permettre de vinifier parcelle par parcelle.
Quelle est votre ambition pour les champagnes que vous produisez ?
L'équilibre que nous recherchons sur nos champagnes, c'est à la fois simple et difficile à atteindre. C'est beaucoup de matière sans lourdeur, beaucoup de fraîcheur sans acidité. Cela commence à la vigne avec de beaux raisins sains, des raisins avec une vraie richesse d'expression qu'apportent de vieilles vignes cultivées avec soin : des rendements raisonnés ; un travail du sol ; un plan de palissage, une taille et une fumure adaptés.
Puis, nous mettons en œuvre des vinifications qui respectent et expriment ce potentiel du raisin. Je privilégie des vinifications à froid longues et tout en douceur, sans trop débourber ni dépouiller les moûts. Et puis, nous respectons nos vins et leur donnons du temps pour se faire : repos en cuves sur lies puis longs affinages (3 à 10 ans) en bouteilles dans nos caves.
Très tôt, j'ai essayé dans les vinifications de garder la fraîcheur et le fruit, tout en les équilibrant par un gras, une « mâche » naturelle des lies et une partie des vins vinifiés en fûts.
Enfin, le style maison, ce sont de très faibles dosages, car si en amont le vin a déjà du volume et de la matière, le sucre est superflu. Il équilibre certes l'acidité, apporte de la mâche et une finale en bouche, mais gomme la minéralité et la droiture des vins. La mâche naturelle du vin ne cache pas sa pureté, au contraire, elle lui apporte une complexité « cristalline ».
Cette recherche… c'est l'aboutissement de 10 ans de réflexion !